Avenue Huit, en collaboration avec le Centre Canadien d"architecture (CCA) et Spacing Montréal, est heureux d'annoncer la tenue d'un événement explorant l'intersection de nos deux thèmes préférés: la nourriture et la ville. Comment l'alimentation a-t-elle façonné le paysage urbain au fil des années? Comment la ville a-t-elle transformé notre relation avec la nourriture? Et comment l'alimentation et l'urbanisme pourront-ils co-évoluer dans le futur de Montréal?
Le 5 avril, de 16h à 21h, l'événement "non-conférence" s'inspirera des fabuleux espaces offerts par le CCA: réunissez-vous dans la maison Shaughnessy pour prendre part à un salon, sautez dans le "bocal de poisson" situé dans le rotonde, ou joignez-vous aux conteurs et raconteurs dans la librairie. Normand Laprise du Toqué prononcera à cette occasion une courte conférence, et les invités pourront goûter aux tapas préparés par les chefs du Foodlab de la Société des arts technologiques.
L'équipe de Spacing Montréal rassemblera et publiera dépêches, fragments de conversation et autres trouvailles de l'évenement dans notre salle de presse sur place.
Faites-nous parvenir votre souvenir culinaire préféré concernant Montréal, en huit mots ou moins, et votre réservation par Facebook ou par courriel à l’adresse bouffe@cca.qc.ca. Les meilleurs récits seront diffusés au cours de l’activité.
Le 5 avril, de 16h à 21h, l'événement "non-conférence" s'inspirera des fabuleux espaces offerts par le CCA: réunissez-vous dans la maison Shaughnessy pour prendre part à un salon, sautez dans le "bocal de poisson" situé dans le rotonde, ou joignez-vous aux conteurs et raconteurs dans la librairie. Normand Laprise du Toqué prononcera à cette occasion une courte conférence, et les invités pourront goûter aux tapas préparés par les chefs du Foodlab de la Société des arts technologiques.
L'équipe de Spacing Montréal rassemblera et publiera dépêches, fragments de conversation et autres trouvailles de l'évenement dans notre salle de presse sur place.
Faites-nous parvenir votre souvenir culinaire préféré concernant Montréal, en huit mots ou moins, et votre réservation par Facebook ou par courriel à l’adresse bouffe@cca.qc.ca. Les meilleurs récits seront diffusés au cours de l’activité.
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Strip-Tease QDS: retour sur l'événement 10/12/2011
Quel est le rôle de l’imaginaire dans l’aménagement? La mise en scène de l’espace public doit-elle répondre à l’esprit du lieu? Comment l’identité d’un lieu est-elle définie et redéfinie au fil du temps?
Ce sont là quelques-unes des questions qui ont été abordées par divers professionnels de l’aménagement et de l’événementiel lors de l’événement « Strip-Tease QdS » qui s’est tenu vendredi le 30 septembre au Café Cléopâtre.
Les quelques 80 participants à l’événement, issus de divers milieux, ont pu non seulement découvrir le Quartier des spectacles à travers ses imaginaires lors d’une visite racontée du quartier, mais aussi entrer en dialogue entre eux ainsi qu’avec les panélistes lors des discussions et délibérations qui ont suivi au Café Cléopâtre.
Parmi les principaux thèmes et pistes de réflexion qui sont ressortis des discussions, on peut mentionner:
Friction vs. fluidité
Les frictions et les conflits symboliques dans l’espace, dans l’usage de la langue et dans l’imaginaire même font partie intégrante de l’espace public à Montréal et participent à son dynamisme. Cela dit, la fluidité du mouvement et des identités dans l’espace est aussi indissociable de l’esprit du lieu. Ces deux qualités de l’espace public montréalais sont à la fois contradictoires et constituantes l’une de l’autre. Ceci étant, on peut se demander si ces qualités peuvent être « aménagées » et s’il est de la responsabilité du concepteur de les rendre possibles.
Le permanent vs. l’éphémère
L’espace public montréalais, dans le Quartier des spectacles et ailleurs, est de plus en plus occupé et mis en scène par divers promoteurs d’événements qui « utilisent » l’espace pendant de courtes durées. Cette occupation transitoire mais totale de l’espace public met en tension le permanent et le temporaire, ce qui passe et ce qui reste, le mobile et l’immobile. Cette tension ouvre un dialogue nécessaire entre le concepteur de l’espace et le promoteur d’événement, mais la notion de durée reste problématique – doit-on concevoir l’espace public pour ceux qui l’utilisent aujourd’hui et pour ceux qui l’utiliseront au fil du temps?
L’ici vs. l’ailleurs
L’identité du lieu n’est jamais définie en vase clos; c’est à travers la confrontation, l’imitation, l’intégration et/ou le rejet par rapport à « l’ailleurs » qu’elle se précise, se cristallise ou s’effrite. L’identité du Quartier des spectacles – et du centre-ville de Montréal, de manière générale – est de plus en plus remise en question par l’émergence (dans la réalité comme dans l’imaginaire) de lieux « culturels » périphériques tels que le Quartier 10/30. Certains prétendent que le développement du Quartier des spectacles suit la même logique que le développement des « power centers »; d’autres affirment que c’est le processus inverse qui est à l’œuvre. Quoi qu’il en soit, l’ici ne peut pas (ne peut plus?) faire abstraction de l’ailleurs.
Ces questionnements et réflexions seront mis en forme et feront l’objet d’une publication aux Éditions de l’Atelier.
Pour toute question ou commentaire, n’hésitez pas à contacter Joël Thibert à jthibert@princeton.edu
Ce sont là quelques-unes des questions qui ont été abordées par divers professionnels de l’aménagement et de l’événementiel lors de l’événement « Strip-Tease QdS » qui s’est tenu vendredi le 30 septembre au Café Cléopâtre.
Les quelques 80 participants à l’événement, issus de divers milieux, ont pu non seulement découvrir le Quartier des spectacles à travers ses imaginaires lors d’une visite racontée du quartier, mais aussi entrer en dialogue entre eux ainsi qu’avec les panélistes lors des discussions et délibérations qui ont suivi au Café Cléopâtre.
Parmi les principaux thèmes et pistes de réflexion qui sont ressortis des discussions, on peut mentionner:
Friction vs. fluidité
Les frictions et les conflits symboliques dans l’espace, dans l’usage de la langue et dans l’imaginaire même font partie intégrante de l’espace public à Montréal et participent à son dynamisme. Cela dit, la fluidité du mouvement et des identités dans l’espace est aussi indissociable de l’esprit du lieu. Ces deux qualités de l’espace public montréalais sont à la fois contradictoires et constituantes l’une de l’autre. Ceci étant, on peut se demander si ces qualités peuvent être « aménagées » et s’il est de la responsabilité du concepteur de les rendre possibles.
Le permanent vs. l’éphémère
L’espace public montréalais, dans le Quartier des spectacles et ailleurs, est de plus en plus occupé et mis en scène par divers promoteurs d’événements qui « utilisent » l’espace pendant de courtes durées. Cette occupation transitoire mais totale de l’espace public met en tension le permanent et le temporaire, ce qui passe et ce qui reste, le mobile et l’immobile. Cette tension ouvre un dialogue nécessaire entre le concepteur de l’espace et le promoteur d’événement, mais la notion de durée reste problématique – doit-on concevoir l’espace public pour ceux qui l’utilisent aujourd’hui et pour ceux qui l’utiliseront au fil du temps?
L’ici vs. l’ailleurs
L’identité du lieu n’est jamais définie en vase clos; c’est à travers la confrontation, l’imitation, l’intégration et/ou le rejet par rapport à « l’ailleurs » qu’elle se précise, se cristallise ou s’effrite. L’identité du Quartier des spectacles – et du centre-ville de Montréal, de manière générale – est de plus en plus remise en question par l’émergence (dans la réalité comme dans l’imaginaire) de lieux « culturels » périphériques tels que le Quartier 10/30. Certains prétendent que le développement du Quartier des spectacles suit la même logique que le développement des « power centers »; d’autres affirment que c’est le processus inverse qui est à l’œuvre. Quoi qu’il en soit, l’ici ne peut pas (ne peut plus?) faire abstraction de l’ailleurs.
Ces questionnements et réflexions seront mis en forme et feront l’objet d’une publication aux Éditions de l’Atelier.
Pour toute question ou commentaire, n’hésitez pas à contacter Joël Thibert à jthibert@princeton.edu
Le groupe Avenue 8 est co-organisateur de l'événement Strip-Tease QDS: atelier réflexif sur la mise en scène de l'espace public qui aura lieu demain au Cabaret Cléo. Joël Thibert, Anita Ramacière et Laurent Lussier ont participé à l'élaboration du contenu et Laurent Lussier animera la rencontre. L'événement est le fruit d'une collaboration entre Avenue 8, le Département de littérature comparée de l'UdM (Simon Harel) et la Maison de l'architecture du Québec (Sophie Gironnay), avec le soutien de la Fondation Trudeau.
Strip-Tease QDS est un événement portant à tout point de vue la "signature Avenue 8": la rencontre de réseaux improbables (professionnels de l'aménagement, designers graphiques, artistes, écrivains, poètes, universitaires, consultants en communication, fonctionnaires municipaux, etc.) dans un lieu improbable (le Cabaret Cléo) pour y aborder quatre grands thèmes touchant à l'espace public montréalais: espace, lieu, imaginaire et identité. Il s'agit d'abord et avant de tout de créer un lieu et un moment pour laisser libre cours à la confrontation des imaginaires.
Pour ceux que ça intéresserait: il reste quelques places, vous pouvez donc vous présenter demain matin à 10h00, Place de la paix, pour la visite racontée du QDS. Vous pourrez aussi nous suivre sur Twitter (@Avenue_8).
Pour plus d'info, voir: www.stripteaseqds.com
Strip-Tease QDS est un événement portant à tout point de vue la "signature Avenue 8": la rencontre de réseaux improbables (professionnels de l'aménagement, designers graphiques, artistes, écrivains, poètes, universitaires, consultants en communication, fonctionnaires municipaux, etc.) dans un lieu improbable (le Cabaret Cléo) pour y aborder quatre grands thèmes touchant à l'espace public montréalais: espace, lieu, imaginaire et identité. Il s'agit d'abord et avant de tout de créer un lieu et un moment pour laisser libre cours à la confrontation des imaginaires.
Pour ceux que ça intéresserait: il reste quelques places, vous pouvez donc vous présenter demain matin à 10h00, Place de la paix, pour la visite racontée du QDS. Vous pourrez aussi nous suivre sur Twitter (@Avenue_8).
Pour plus d'info, voir: www.stripteaseqds.com
Joël Thibert
Dans un récent article paru dans The Economist, on prédit que le futur de l’information ressemblera beaucoup au passé : la nouvelle se transmet de plus en plus de personne à personne (via Facebook, Twitter ou autrement) et qu'elle s’accompagne plus souvent qu’autrement d’un commentaire. La conséquence de cet état de fait est que le discours public ne se passe plus principalement dans les pages des journaux ni sur les ondes radios, mais plutôt dans les blogues et dans les médias sociaux. Twitter, dit-on, est la taverne du futur.
À nos débuts, nous avons essayé en tant que groupe, de susciter le débat sur un certain nombre d’enjeux montréalais en réunissant des acteurs importants de ces débats et en favorisant l’émergence d’idées nouvelles. Nous avons en partie réussi à travers nos salons et nos interventions auprès de certains organismes clés. Cependant, voyant que le débat n’allait pas plus loin, nous avons décidé de tenter l’expérience des médias sociaux pour faire circuler nos idées dans des cercles plus larges. Nous avons blogué et twitté pendant trois mois et même après ce relativement court lapse de temps, notre blogue a été visité par plusieurs centaines de personnes (voire plusieurs milliers depuis juin).
Mais tous les membres d’Avenue 8 ne sont pas partisans du blogue. Certains croient que nous nous éloignons de notre mission en prenant position de cette manière sur la place publique. D’autres pensent que cela n’a que peu d’impact et que c’est finalement une perte de temps. En somme, la plupart des membres d’Avenue 8 croient que la taverne ne fait pas partie de notre « core business ».
Après ces quelques mois d’essai, nous avons donc décidé (pour le moment) de convertir la taverne en bibliothèque ou centre d’archivage ou encore en librairie, où seront déposés les mémoires, essais et autres textes produits en relation à nos activités. Nous continuerons aussi à parler de nos événements avant, pendant et après leur tenue. Mais ne nous n'écrirons plus sur les duplexes italo-montrélais et ne prendrons plus position sur le sujet du jour si celui ci n'est directement relié à ce que nous faisons.
Je suis personnellement en désaccord avec cette décision. Je crois qu’un groupe de réflexion doit s’exposer constamment sur la place publique et prendre position sur les enjeux "courants" pour se faire une place dans le débat et avoir une influence sur le discours – et je pense que le blogue est un bon moyen d’y arriver. Mais mon opinion est minoritaire, et je respecte la vision des autres membres du groupe et préfère m’incliner – leur participation étant essentielle au bon fonctionnement du blogue à moyen et long terme. Pour ceux qui veulent continuer à me lire ou à lire Laurent Lussier, nous continuerons à bloguer sur Spacing Montreal. Pour les autres, bonne continuation.
Dans un récent article paru dans The Economist, on prédit que le futur de l’information ressemblera beaucoup au passé : la nouvelle se transmet de plus en plus de personne à personne (via Facebook, Twitter ou autrement) et qu'elle s’accompagne plus souvent qu’autrement d’un commentaire. La conséquence de cet état de fait est que le discours public ne se passe plus principalement dans les pages des journaux ni sur les ondes radios, mais plutôt dans les blogues et dans les médias sociaux. Twitter, dit-on, est la taverne du futur.
À nos débuts, nous avons essayé en tant que groupe, de susciter le débat sur un certain nombre d’enjeux montréalais en réunissant des acteurs importants de ces débats et en favorisant l’émergence d’idées nouvelles. Nous avons en partie réussi à travers nos salons et nos interventions auprès de certains organismes clés. Cependant, voyant que le débat n’allait pas plus loin, nous avons décidé de tenter l’expérience des médias sociaux pour faire circuler nos idées dans des cercles plus larges. Nous avons blogué et twitté pendant trois mois et même après ce relativement court lapse de temps, notre blogue a été visité par plusieurs centaines de personnes (voire plusieurs milliers depuis juin).
Mais tous les membres d’Avenue 8 ne sont pas partisans du blogue. Certains croient que nous nous éloignons de notre mission en prenant position de cette manière sur la place publique. D’autres pensent que cela n’a que peu d’impact et que c’est finalement une perte de temps. En somme, la plupart des membres d’Avenue 8 croient que la taverne ne fait pas partie de notre « core business ».
Après ces quelques mois d’essai, nous avons donc décidé (pour le moment) de convertir la taverne en bibliothèque ou centre d’archivage ou encore en librairie, où seront déposés les mémoires, essais et autres textes produits en relation à nos activités. Nous continuerons aussi à parler de nos événements avant, pendant et après leur tenue. Mais ne nous n'écrirons plus sur les duplexes italo-montrélais et ne prendrons plus position sur le sujet du jour si celui ci n'est directement relié à ce que nous faisons.
Je suis personnellement en désaccord avec cette décision. Je crois qu’un groupe de réflexion doit s’exposer constamment sur la place publique et prendre position sur les enjeux "courants" pour se faire une place dans le débat et avoir une influence sur le discours – et je pense que le blogue est un bon moyen d’y arriver. Mais mon opinion est minoritaire, et je respecte la vision des autres membres du groupe et préfère m’incliner – leur participation étant essentielle au bon fonctionnement du blogue à moyen et long terme. Pour ceux qui veulent continuer à me lire ou à lire Laurent Lussier, nous continuerons à bloguer sur Spacing Montreal. Pour les autres, bonne continuation.
Les parcs et le sacré 08/31/2011
Le parc Sammy-Hill, un lieu modérément sacré.
Laurent Lussier
Dans le Devoir, ce matin (mardi), on rapporte les paroles d'un résidant de l'île des Sœurs s'opposant à la construction d'une école dans un parc, lequel déclare : « Un parc, c'est sacré. Ce sont les générations futures qui vont en profiter. »
Je ne sais pas s'il est justifié ou non de construire une école dans ce parc en particulier. Je n'y ai jamais mis les pieds et les opposants à ce projet peuvent très bien avoir raison. Mais peut-on affirmer qu'un parc, c'est sacré? Voilà ce qui m'apparaît embêtant.
Il y a bien sûr des parcs exceptionnels où toutes modifications devraient être menées prudemment — le parc du mont Royal en étant le meilleur exemple. Mais il y a aussi de très nombreux parcs anonymes consistant en quelques centaines de mètres carrés de gazon, une poignée d'arbres, quelques jeux pour enfants et une clôture grillagée. Ce genre de lieu ne devrait pas inspirer la crainte et le respect que l'idée de sacré suppose. Au contraire, ce genre de lieu est une aménité parmi d'autres, comme une fruiterie, une piste cyclable ou une bibliothèque.
Un parc en ville peut jouer son rôle ou non : il peut être utilisé par les enfants, les joggeurs, les pique-niqueurs et les promeneurs de chiens, il peut accueillir de la biodiversité, rafraîchir la température et ajouter des surfaces perméables ou il peut à peu près ne rien faire de tout cela. S'il ne joue pas son rôle, il faut le transformer, l'améliorer et — parfois, peut-être, même si c'est aujourd'hui impensable — consacrer le terrain à un autre usage. Et si cela permet à un parc de mieux jouer son rôle, il ne faut pas hésiter à en retrancher un peu de surfaces végétales pour ajouter un chemin, une fontaine, une piscine ou une école.
Quant aux générations futures, je vois mal comment elles peuvent se préoccuper principalement de parcs. Les générations futures vont aussi utiliser les infrastructures et les bâtiments que l'on construit maintenant (dont les écoles), de même que les terres agricoles que l'on protège et profiter des forêts et des milieux humides qui subsistent dans la région de Montréal. Si l'on peut éviter de voir dans n'importe quel parc la manifestation sacrée de la nature en ville, on devrait aborder l'avenir de notre environnement de manière plus lucide.
Laurent Lussier
Dans le Devoir, ce matin (mardi), on rapporte les paroles d'un résidant de l'île des Sœurs s'opposant à la construction d'une école dans un parc, lequel déclare : « Un parc, c'est sacré. Ce sont les générations futures qui vont en profiter. »
Je ne sais pas s'il est justifié ou non de construire une école dans ce parc en particulier. Je n'y ai jamais mis les pieds et les opposants à ce projet peuvent très bien avoir raison. Mais peut-on affirmer qu'un parc, c'est sacré? Voilà ce qui m'apparaît embêtant.
Il y a bien sûr des parcs exceptionnels où toutes modifications devraient être menées prudemment — le parc du mont Royal en étant le meilleur exemple. Mais il y a aussi de très nombreux parcs anonymes consistant en quelques centaines de mètres carrés de gazon, une poignée d'arbres, quelques jeux pour enfants et une clôture grillagée. Ce genre de lieu ne devrait pas inspirer la crainte et le respect que l'idée de sacré suppose. Au contraire, ce genre de lieu est une aménité parmi d'autres, comme une fruiterie, une piste cyclable ou une bibliothèque.
Un parc en ville peut jouer son rôle ou non : il peut être utilisé par les enfants, les joggeurs, les pique-niqueurs et les promeneurs de chiens, il peut accueillir de la biodiversité, rafraîchir la température et ajouter des surfaces perméables ou il peut à peu près ne rien faire de tout cela. S'il ne joue pas son rôle, il faut le transformer, l'améliorer et — parfois, peut-être, même si c'est aujourd'hui impensable — consacrer le terrain à un autre usage. Et si cela permet à un parc de mieux jouer son rôle, il ne faut pas hésiter à en retrancher un peu de surfaces végétales pour ajouter un chemin, une fontaine, une piscine ou une école.
Quant aux générations futures, je vois mal comment elles peuvent se préoccuper principalement de parcs. Les générations futures vont aussi utiliser les infrastructures et les bâtiments que l'on construit maintenant (dont les écoles), de même que les terres agricoles que l'on protège et profiter des forêts et des milieux humides qui subsistent dans la région de Montréal. Si l'on peut éviter de voir dans n'importe quel parc la manifestation sacrée de la nature en ville, on devrait aborder l'avenir de notre environnement de manière plus lucide.
Joël Thibert
J'ai assisté, pendant le congrès Ecocité, à "l'atelier mobile" sur l'agriculture urbaine à Montréal organisée par le Jour de la Terre et guidé par nul autre qu'Ismaël Hautecoeur et j'ai été frappé par une prise de conscience soudaine quant à l'avenir de l'agriculture urbaine à Montréal: contrairement à ce qu'on raconte dans les journaux ces jours-ci, il se pourrait fort bien que la ville devienne de moins en moins productive, et ce malgré la multiplication des jardins sur les toits.
Pourquoi?
Parce que la très grande majorité des jardins en production à Montréal se trouvent non pas sur des terrains appartenant à la Ville, ni sur les balcons ni les toits, mais dans les cours privés de milliers de personnes qui y cultivent fruits et légumes sans que jamais cela ne leur viennent à l'esprit qu'ils appartenaient à un "mouvement". Et la majorité de ces individus sont d'origine italienne ou portugaise, ont plus de 60 ans et risquent fort de cesser de produire d'ici 10 ou 15 ans. C'est donc dire que l'agriculture urbaine "spontanée" qui existe depuis longtemps dans les cours de Villeray, St-Michel, Lasalle, St-Raymond, St-Léonard, etc. risque fort de disparaître (en grande partie du moins).
Peut-être que nous devrions concentrer nos efforts sur le transfert de ce savoir-faire traditionnel, plutôt que d'essayer d'officialiser ce qui n'a - de toute évidence - pas besoin de l'être pour exister.
J'ai assisté, pendant le congrès Ecocité, à "l'atelier mobile" sur l'agriculture urbaine à Montréal organisée par le Jour de la Terre et guidé par nul autre qu'Ismaël Hautecoeur et j'ai été frappé par une prise de conscience soudaine quant à l'avenir de l'agriculture urbaine à Montréal: contrairement à ce qu'on raconte dans les journaux ces jours-ci, il se pourrait fort bien que la ville devienne de moins en moins productive, et ce malgré la multiplication des jardins sur les toits.
Pourquoi?
Parce que la très grande majorité des jardins en production à Montréal se trouvent non pas sur des terrains appartenant à la Ville, ni sur les balcons ni les toits, mais dans les cours privés de milliers de personnes qui y cultivent fruits et légumes sans que jamais cela ne leur viennent à l'esprit qu'ils appartenaient à un "mouvement". Et la majorité de ces individus sont d'origine italienne ou portugaise, ont plus de 60 ans et risquent fort de cesser de produire d'ici 10 ou 15 ans. C'est donc dire que l'agriculture urbaine "spontanée" qui existe depuis longtemps dans les cours de Villeray, St-Michel, Lasalle, St-Raymond, St-Léonard, etc. risque fort de disparaître (en grande partie du moins).
Peut-être que nous devrions concentrer nos efforts sur le transfert de ce savoir-faire traditionnel, plutôt que d'essayer d'officialiser ce qui n'a - de toute évidence - pas besoin de l'être pour exister.
Photo d'un terrain transformé en ferme urbaine à Détroit par le collectif Eartworks Farm
Joël Thibert
L'initiative en cours du Groupe de Travail en Agriculture Urbaine (GTAU) qui vise à amasser 10 000 signatures pour forcer la Ville de Montréal a tenir une consultation publique sur l'agriculture urbaine a fait couler beaucoup d'encre. La Ville s'est bien sûr empressée de réagir en laissant entendre qu'elle n'était pas contre l'idée, mais sans toutefois affirmer qu'elle le ferait de son propre chef. Et tout le monde, ou presque, a salué l'initiative comme si cela allait de soi - après tout, on ne peut pas être contre la vertu.
Pourtant, l'idée d'une consultation publique sur l'agriculture urbaine pose (au moins) deux problèmes à mon avis. Premièrement, n'y a-t-il pas, dans cette demande faite à la Ville, quelque chose de contradictoire? En effet, n'est-ce pas le propre de l'agriculture urbaine telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui d'être la plupart du temps une initiative privée (dans le sens qu'elle est initiée par un ou des individus)? N'y a-t-il pas un risque, en demandant à la Ville de statuer sur la chose, que le mouvement soit étouffé par la réglementation ou la bureaucratisation et qu'il perde de son élan? En somme, avons-nous vraiment besoin de l'intervention de la Ville ou avons-nous plutôt besoin qu'elle n'intervienne pas?
Deuxièmement, en admettant qu'une consultation publique soit souhaitable, est-il absolument nécessaire qu'elle soit tenue la Ville (c'est-à-dire par l'OCPM)? Le GTAU n'aurait-il pas pu décidé de tenir cette consultation indépendemment de la Ville et de créer un processus participatif innovant, à l'image de la pratique même de l'agriculture urbaine (qui est participative et innovante)? Une consultation réalisée par l'OCPM sous l'égide de la Ville est-elle nécessairement plus "légitime" qu'une consultation réalisée par un tiers? Je ne crois pas.
Il me semble que ces questions sont importantes. En effet, il me semble que nous avons trop souvent le réflexe de demander à la Ville (ou à l'État) de réfléchir à notre place. Et dans ce cas précis, il m'apparaît évident que la Ville suivra la vague - si vague il y a. L'important, donc, n'est pas qu'il y ait ou non une consultation sur l'agriculture urbaine, mais que la pratique de l'agriculture urbaine - qui est une forme d'appropriation positive et constructive de l'environnement - se répande. Dans ce cas précis, il me semble que les pratiques doivent précéder les structures.
Joël Thibert
L'initiative en cours du Groupe de Travail en Agriculture Urbaine (GTAU) qui vise à amasser 10 000 signatures pour forcer la Ville de Montréal a tenir une consultation publique sur l'agriculture urbaine a fait couler beaucoup d'encre. La Ville s'est bien sûr empressée de réagir en laissant entendre qu'elle n'était pas contre l'idée, mais sans toutefois affirmer qu'elle le ferait de son propre chef. Et tout le monde, ou presque, a salué l'initiative comme si cela allait de soi - après tout, on ne peut pas être contre la vertu.
Pourtant, l'idée d'une consultation publique sur l'agriculture urbaine pose (au moins) deux problèmes à mon avis. Premièrement, n'y a-t-il pas, dans cette demande faite à la Ville, quelque chose de contradictoire? En effet, n'est-ce pas le propre de l'agriculture urbaine telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui d'être la plupart du temps une initiative privée (dans le sens qu'elle est initiée par un ou des individus)? N'y a-t-il pas un risque, en demandant à la Ville de statuer sur la chose, que le mouvement soit étouffé par la réglementation ou la bureaucratisation et qu'il perde de son élan? En somme, avons-nous vraiment besoin de l'intervention de la Ville ou avons-nous plutôt besoin qu'elle n'intervienne pas?
Deuxièmement, en admettant qu'une consultation publique soit souhaitable, est-il absolument nécessaire qu'elle soit tenue la Ville (c'est-à-dire par l'OCPM)? Le GTAU n'aurait-il pas pu décidé de tenir cette consultation indépendemment de la Ville et de créer un processus participatif innovant, à l'image de la pratique même de l'agriculture urbaine (qui est participative et innovante)? Une consultation réalisée par l'OCPM sous l'égide de la Ville est-elle nécessairement plus "légitime" qu'une consultation réalisée par un tiers? Je ne crois pas.
Il me semble que ces questions sont importantes. En effet, il me semble que nous avons trop souvent le réflexe de demander à la Ville (ou à l'État) de réfléchir à notre place. Et dans ce cas précis, il m'apparaît évident que la Ville suivra la vague - si vague il y a. L'important, donc, n'est pas qu'il y ait ou non une consultation sur l'agriculture urbaine, mais que la pratique de l'agriculture urbaine - qui est une forme d'appropriation positive et constructive de l'environnement - se répande. Dans ce cas précis, il me semble que les pratiques doivent précéder les structures.
Vivre parmi les échangeurs 08/12/2011
Joël Thibert
San Francisco est une ville surprenante lorsqu'on la visite pour la première fois, même si on en a tous entendu beaucoup parlé par nos oncles et tantes qui y sont allés en voyage organisé et qu'on a tous feuilleté en attendant chez le dentiste un livre de photos "sexy" de la ville (à la Mia & Klaus).
Au-delà des clichés habituels (rues en pente, maisons victoriennes, cable cars, brouillard épais et gastronomie sino-mexicaine), San Francisco frappe par sa post-modernité et son interprétation très idiosyncratique des principes du New Urbanism. Comme par exemple dans le projet résidentiel (de type TOD) de Mission Creek, où l'on a aménagé les terrains en-dessous des bretelles d'accès de l'autoroute 280 en terrain de basketball, volleyball et en parc pour enfants. On a même planté des arbres le long de la rue qui passe sous l'autoroute - comme si de rien n'était. Et le pire c'est que ça fonctionne.
À San Francisco, on joue au volley, on fait son jogging et on pique-nique sous les bretelles d'autoroutes.
Durant mon séjour ici, j'ai interviewé (entre autres) Jeremy Madsen, directeur exécutif de l'organisme Greenbelt Alliance et il a dit quelque chose qui peut sembler évident mais qui, je crois, mérite d'être répété: si on croit vraiment à la necessité de densifier la ville, il faut se faire à l'idée que plusieurs d'entre nous vivront à proximité d'infrastructures gênantes (comme les autoroutes). Le défi n'est donc pas d'éviter le développement résidentiel à ces endroits précis, mais de lui donner une échelle et une texture humaine.
En d'autres mots: on peut (et on devra, éventuellement) vivre parmi les échangeurs (ou ce qui les remplacera). Mais on doit d'abord y aménager un milieu de vie et y cultiver un paysage où l'humain à sa place.
San Francisco est une ville surprenante lorsqu'on la visite pour la première fois, même si on en a tous entendu beaucoup parlé par nos oncles et tantes qui y sont allés en voyage organisé et qu'on a tous feuilleté en attendant chez le dentiste un livre de photos "sexy" de la ville (à la Mia & Klaus).
Au-delà des clichés habituels (rues en pente, maisons victoriennes, cable cars, brouillard épais et gastronomie sino-mexicaine), San Francisco frappe par sa post-modernité et son interprétation très idiosyncratique des principes du New Urbanism. Comme par exemple dans le projet résidentiel (de type TOD) de Mission Creek, où l'on a aménagé les terrains en-dessous des bretelles d'accès de l'autoroute 280 en terrain de basketball, volleyball et en parc pour enfants. On a même planté des arbres le long de la rue qui passe sous l'autoroute - comme si de rien n'était. Et le pire c'est que ça fonctionne.
À San Francisco, on joue au volley, on fait son jogging et on pique-nique sous les bretelles d'autoroutes.
Durant mon séjour ici, j'ai interviewé (entre autres) Jeremy Madsen, directeur exécutif de l'organisme Greenbelt Alliance et il a dit quelque chose qui peut sembler évident mais qui, je crois, mérite d'être répété: si on croit vraiment à la necessité de densifier la ville, il faut se faire à l'idée que plusieurs d'entre nous vivront à proximité d'infrastructures gênantes (comme les autoroutes). Le défi n'est donc pas d'éviter le développement résidentiel à ces endroits précis, mais de lui donner une échelle et une texture humaine.
En d'autres mots: on peut (et on devra, éventuellement) vivre parmi les échangeurs (ou ce qui les remplacera). Mais on doit d'abord y aménager un milieu de vie et y cultiver un paysage où l'humain à sa place.
Une toponymie privée 08/08/2011
Photo : Catherine E. Roy
Laurent Lussier
En remontant le chemin de la Côte-des-Neiges, on croise toutes sortes de grands immeubles à appartement dotés de noms évocateurs comme le Complexe Gleneagle et le Rockhill. On trouve la même chose à Outremont (comme le Modern Court sur Willowdale), dans la Petite-Patrie (comme l'immeuble Linda sur la photo) et dans de nombreux autres endroits à Montréal.
J'ai toujours aimé ce genre de détail qui donne, quand on se promène, quelque chose à voir. Un peu comme les Vierge Marie en azulejos sur les triplex portugais, les noms collés sur les bâtiments offrent un détail à regarder lorsqu'on se promène et disent quelque chose sur ceux qui habitent ou ont habité une maison.
Malheureusement, puisqu'on construit moins d'immeubles locatifs, les noms sur les bâtiments deviennent plus rares. Bien sûr, les projets de condo ont un nom, mais ce nom disparaît dès que le projet est vendu. Il devient après ça plus difficile de les désigner; on a recours à des périphrases : « Oui, tu sais, les condos récents au bout de la rue machin, avec les drôles de balcons, etc. »
Si on laissait un nom au-dessus de la porte il suffirait de dire « Oui, tu sais, les Jardins urbains » et hop, on se comprendrait mieux. En plus, cette toponymie privée resterait pour les générations futures, témoignant de l'idée qu'on se fait à notre époque de ce qu'est le prestige et le confort en habitation.
Mais s'il faut admettre que les immeubles multilogements ont cessé pour de bon d'avoir un nom (à part, sans doute, les immeubles pour aînés), reste à espérer que les individus prendront le relais en collant un nom à côté de leur porte. Sur ma rue, par exemple, quelqu'un a fait confectionner un écriteau annonçant « La maison bleue ». C'est charmant et ça fait un repère pratique. À Verdun, on peut apercevoir une demeure autoqualifiée de « Les Tuileries ». Pourquoi pas? On peut piger allègrement dans l'histoire, les phénomènes naturels et les caractéristiques architecturales pour nommer sa maison. J'imagine Montréal parsemé de repères aux noms mystérieux comme ceux que mentionne cet article : Le « Cat » Étoile, Kelven, Sen Zepate, Qui Lu Dit, Picsous. Les promenades quotidiennes gagneraient en magie et on connaîtrait mieux, quoique de manière indirecte, ceux qui habitent les rues qu'on traverse. Y a-t-il des volontaires?
Laurent Lussier
En remontant le chemin de la Côte-des-Neiges, on croise toutes sortes de grands immeubles à appartement dotés de noms évocateurs comme le Complexe Gleneagle et le Rockhill. On trouve la même chose à Outremont (comme le Modern Court sur Willowdale), dans la Petite-Patrie (comme l'immeuble Linda sur la photo) et dans de nombreux autres endroits à Montréal.
J'ai toujours aimé ce genre de détail qui donne, quand on se promène, quelque chose à voir. Un peu comme les Vierge Marie en azulejos sur les triplex portugais, les noms collés sur les bâtiments offrent un détail à regarder lorsqu'on se promène et disent quelque chose sur ceux qui habitent ou ont habité une maison.
Malheureusement, puisqu'on construit moins d'immeubles locatifs, les noms sur les bâtiments deviennent plus rares. Bien sûr, les projets de condo ont un nom, mais ce nom disparaît dès que le projet est vendu. Il devient après ça plus difficile de les désigner; on a recours à des périphrases : « Oui, tu sais, les condos récents au bout de la rue machin, avec les drôles de balcons, etc. »
Si on laissait un nom au-dessus de la porte il suffirait de dire « Oui, tu sais, les Jardins urbains » et hop, on se comprendrait mieux. En plus, cette toponymie privée resterait pour les générations futures, témoignant de l'idée qu'on se fait à notre époque de ce qu'est le prestige et le confort en habitation.
Mais s'il faut admettre que les immeubles multilogements ont cessé pour de bon d'avoir un nom (à part, sans doute, les immeubles pour aînés), reste à espérer que les individus prendront le relais en collant un nom à côté de leur porte. Sur ma rue, par exemple, quelqu'un a fait confectionner un écriteau annonçant « La maison bleue ». C'est charmant et ça fait un repère pratique. À Verdun, on peut apercevoir une demeure autoqualifiée de « Les Tuileries ». Pourquoi pas? On peut piger allègrement dans l'histoire, les phénomènes naturels et les caractéristiques architecturales pour nommer sa maison. J'imagine Montréal parsemé de repères aux noms mystérieux comme ceux que mentionne cet article : Le « Cat » Étoile, Kelven, Sen Zepate, Qui Lu Dit, Picsous. Les promenades quotidiennes gagneraient en magie et on connaîtrait mieux, quoique de manière indirecte, ceux qui habitent les rues qu'on traverse. Y a-t-il des volontaires?
Joël Thibert
Première journée à San Francisco, hier: je descends du Potrero vers le Mission District à la recherche de café. À vrai dire, je savais que je voulais visiter le quartier général de Ritual Coffee à quelques blocs de là, et je me suis dit que ce serait l'excuse parfaite pour marcher à travers Mission (un des quartiers up and coming de la ville, dont on vante la mixité sociale).
Sans trop m'étendre sur le sujet, j'ai été frappé par la chose suivante: la 24ème rue du Mission District ressemble à plusieurs égards au Kensington Market de Toronto, mais à une (importante) différence près: ici la "hipsterisation" se fait à très petite échelle, un commerce à la fois, toujours en saute-mouton, jamais de manière continue. À Toronto (à tout le moins dans Kensington, Queen St. West, etc.), c'est un quartier tout entier qui devient hip (ou qui ne l'est plus).
C'est donc dire qu'on retrouve à San Francisco des repères de hipsters nichés un peu partout mais rarement côte à côte. À titre d'exemple: le café dans la photo, qui est coincé entre un "barbero" latino et une église évangélique. La grande question qui se pose, à mon sens, est la suivante: est-ce qu'une telle cohabitation entre hipsters et immigrants mexicains, avec ou sans papier (pour ne citer que cet exemle) peut durer? La hipsterisation de ce type (micro-hipsterisation?) entraîne-t-elle nécessairement la gentrification et si oui, ces deux phénomènes peuvent-ils évoluer côte à côte?
L'exemple du Mile-End vient en tête et je serais tenté de répondre "oui" de manière retentissante. Mais imaginons un instant que la population hassidique quitte Outremont et le Mile-End en bloc pour aller s'installer ailleurs (comme certains leaders de la communauté l'ont suggéré). Le Mile-End garderait-il son "edge"? Je n'en suis pas si sûr...
Quant au Mission District, cela reste à voir. Les hipsters qui sirrotaient leur café debout sur le trottoir à 11h00 du matin en fumant des Nat Shermans semblaient faire partie du décor, même s'ils vivent de toute évidence dans un univers parallèle à celui des résidents "traditionnels" du secteur. Mais le simple fait qu'ils aient été intégrés au décor est déjà une indication que le quartier se transforme. Pour le meilleur ou pour le pire.
Première journée à San Francisco, hier: je descends du Potrero vers le Mission District à la recherche de café. À vrai dire, je savais que je voulais visiter le quartier général de Ritual Coffee à quelques blocs de là, et je me suis dit que ce serait l'excuse parfaite pour marcher à travers Mission (un des quartiers up and coming de la ville, dont on vante la mixité sociale).
Sans trop m'étendre sur le sujet, j'ai été frappé par la chose suivante: la 24ème rue du Mission District ressemble à plusieurs égards au Kensington Market de Toronto, mais à une (importante) différence près: ici la "hipsterisation" se fait à très petite échelle, un commerce à la fois, toujours en saute-mouton, jamais de manière continue. À Toronto (à tout le moins dans Kensington, Queen St. West, etc.), c'est un quartier tout entier qui devient hip (ou qui ne l'est plus).
C'est donc dire qu'on retrouve à San Francisco des repères de hipsters nichés un peu partout mais rarement côte à côte. À titre d'exemple: le café dans la photo, qui est coincé entre un "barbero" latino et une église évangélique. La grande question qui se pose, à mon sens, est la suivante: est-ce qu'une telle cohabitation entre hipsters et immigrants mexicains, avec ou sans papier (pour ne citer que cet exemle) peut durer? La hipsterisation de ce type (micro-hipsterisation?) entraîne-t-elle nécessairement la gentrification et si oui, ces deux phénomènes peuvent-ils évoluer côte à côte?
L'exemple du Mile-End vient en tête et je serais tenté de répondre "oui" de manière retentissante. Mais imaginons un instant que la population hassidique quitte Outremont et le Mile-End en bloc pour aller s'installer ailleurs (comme certains leaders de la communauté l'ont suggéré). Le Mile-End garderait-il son "edge"? Je n'en suis pas si sûr...
Quant au Mission District, cela reste à voir. Les hipsters qui sirrotaient leur café debout sur le trottoir à 11h00 du matin en fumant des Nat Shermans semblaient faire partie du décor, même s'ils vivent de toute évidence dans un univers parallèle à celui des résidents "traditionnels" du secteur. Mais le simple fait qu'ils aient été intégrés au décor est déjà une indication que le quartier se transforme. Pour le meilleur ou pour le pire.






